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23.8.08

Ils sont beaux, mes coléos !



Pari réussi pour Vittorio Aliquò, entomologiste passionné, qui invite les visiteurs à une superbe leçon de choses.


C’est ce que j’aime avec la Sicile : on se promène gentiment le nez en l’air et voilà que l’on tombe, par hasard, sur une pure merveille, un trait de génie ou une initiative insolite ! Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé cet été à Petralia Soprana, un charmant petit village perché sur les hauteurs du Parc des Madonie, une région montagneuse culminant à 1979 mètres au Pizzo Carbonara et située au sud de Cefalù, à une heure et demie de route de Palerme.

Le Palazzo Pottino, un palais du XVIIe siècle qui donne sur la place principale du village, abrite une exposition unique en son genre, qui changera à jamais votre regard sur les insectes. Insecta, exposition entomologique sous la direction de Vittorio Aliquò, rassemble, en effet, une superbe collection de coléoptères, d’une richesse impressionnante et d’une rare qualité didactique : des centaines de coléoptères et scarabées, de toutes les tailles (le plus gros mesure 13 cm !) et de toutes les couleurs (voir diaporama ci-dessous). Il y en a même un complètement doré, et un autre argenté, si étincelants qu’on dirait des bijoux. On aurait presque envie de les monter sur bagues !

Outre l’incontestable plaisir de découvrir ces minuscules merveilles de la nature, le visiteur pourra également satisfaire sa curiosité grâce aux explications claires et détaillées accompagnant les différentes vitrines. Je recommande aux italianophones de se procurer le petit catalogue de l’exposition : on y apprend notamment que « selon le dernier rapport sur la biodiversité, les naturalistes ont recensé environ 1 750 000 espèces d’animaux pluricellulaires, dont au moins 1 000 000 sont des insectes, et de ceux-ci plus de 450 000 appartiennent à l’ordre des coléoptères... Cela signifie que le monde des insectes, et plus particulièrement celui des coléoptères, domine de loin tous les êtres vivants. En comparaison, l’ordre des mammifères, à laquelle l’homme appartient, semble insignifiant, avec moins de 4000 espèces ».

Avec quelques très belles églises, Petralia Soprana mérite certainement qu’on s’y attarde, d’autant plus qu’un parcours acrobatique dans les arbres, le Parco Avventura, vient de s’installer dans la forêt en contrebas, à la sortie de Petralia Sottana. Pour ceux qui souhaiteraient passer la nuit, une seule adresse : Al Casale (Tel : + 39 0921 64 1973, alcasalefl@libero.it), un bed & breakfast situé au cœur du quartier médiéval.

4.1.08

Le Caravage s'expose à Trapani


Du 15 décembre au 2007 au 14 mars 2008, le Musée régional Conte Agostino Pepoli de Trapani présente une exposition inédite consacrée au peintre italien.

Depuis quelques années déjà, la ville de Trapani, située sous la pointe occidentale de la Sicile, s’efforce de jouer un rôle de tout premier plan dans la vie économique et culturelle de l’île. Comme en témoigne l’étape de l’America’s Cup en septembre 2005 qui avait été l’occasion d’une profonde transformation et d’un grand nettoyage de son port et de ses abords. Pendant quelques jours, un air de fête avait soufflé sur cette petite cité de 70 000 habitants qui avait alors pris des allures de ville internationale.

Aujourd’hui, le Musée régional Conte Agostino Pepoli de Trapani accueille une très belle exposition temporaire consacrée au Caravage pour commémorer le 400e anniversaire du séjour du peintre baroque en Sicile. Intitulée « Le Caravage, l’image du divin », elle présente pas moins de 14 œuvres du père du clair-obscur, dont une deuxième version des Tricheurs (voir photo), découverte récemment par Sir Denis Mahon, éminent collectionneur et spécialiste du peintre lombard.

Le musée Pepoli se trouve dans un ancien monastère des Pères Carmélites fondé au XIVe siècle et abrite une superbe collection de pièces d’orfèvrerie (notamment de corail), de majoliques et de crèches, qui ont fait pendant longtemps les riches heures de l’artisanat local.

Rappelons qu’en 1609, peu de temps avant sa mort, Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage, a peint une Nativité pour l’autel de l’Oratoire de Saint-François à Palerme, où elle était restée depuis sa création. Malheureusement, la toile fut dérobée par la mafia dans la nuit du 18 octobre 1969. La municipalité de Palerme a beau consacrer sur son site une page qui les a vues pour alerter la population sur les œuvres d’art volées dans la ville, personne n’a plus jamais revu cette œuvre tardive du Caravage.

19.10.07

Embarquement immédiat pour Palerme



Vite, il vous reste encore quelques jours pour profiter d’une série de manifestations uniques dans la capitale sicilienne !

Message à tous les petits vernis qui auraient eu la bonne idée de programmer des vacances en Sicile ces jours-ci : ne manquez surtout pas l’initiative exceptionnelle lancée par l’Université de Palerme pour fêter son bicentenaire ! L’institution palermitaine a, en effet, décidé d’ouvrir les portes de tous les sites historiques, artistiques, religieux et culturels qui figurent dans son patrimoine immobilier. L’opération, baptisée le Vie dei Tesori, présente 14 lieux, inaccessibles au public la plupart du temps.

Au Palazzo Steri, ancienne demeure d’une grande famille de la noblesse sicilienne bâtie au XIVe siècle et aujourd’hui siège institutionnel de l’Université, on pourra admirer un célèbre tableau, la Vucciria, du peinte sicilien Renato Guttuso. Mais le palais est aussi tristement célèbre pour avoir été, pendant près de deux siècles, le siège de l’Inquisition en Sicile. C’est là, en effet, que les hommes de Torquemada torturaient et suppliciaient leurs victimes, retenues dans une prison secrète dont les cellules ont été récemment restaurées. On peut ainsi y découvrir le témoignage poignant et sinistre des prisonniers qui y ont laissé graffitis, prières et dessins. Quelques dizaines de mètres plus loin, on visitera l’Hôtel de France, tout juste restauré, qui accueillit nombre de clients prestigieux, dont Sigmund Freud et où seront logés les professeurs étrangers invités par l’université.

Autre curiosité à découvrir, la crypte des Repenties, récemment retrouvée, où étaient enterrées dès le XVIe siècle d’anciennes prostituées et courtisanes devenues religieuses. Citons encore la Chapelle des Charpentiers, dans les locaux de l’Université de Jurisprudence, trésor baroque tout en stucs, putti et autres festons réalisés par les frères Serpotta ; le superbe Observatoire astronomique ou encore l’ancien Couvent Sant’Antonino, avec son étonnant moulin en bois massif, sans oublier le très riche Jardin botanique, l’un des plus importants d’Europe, qui possède une superbe collection de ficus, dont le fameux ficus magnolia, de palmiers et de bambous ainsi qu’une vasque monumentale remplie de lotus et de nymphéas (photos). Le week-end, de nombreuses manifestations artistiques et culturelles sont proposées sur les lieux, à condition d’avoir réservé sa place. Retrouvez toutes les informations sur le site.